Ma jeunesse fout l'camp tout au long d'un poème
Et d'une rime à l'autre, elle va, bras ballants,
Ma jeunesse fout l'camp à la morte fontaine
Et les coupeurs d'osier moissonnent tes vingt ans.
Nous n'irons plus au bois, la chanson du poète,
Le refrain de deux sous, les vers de mirliton
Que chantait en rêvant un garçon de la fête,
J'en oublie jusqu'au nom, j'en oublie jusqu'au nom..
Nous n'irons plus au bois, chercher d'la violette,
La pluie tombe aujourd'hui qui efface nos pas.
Les enfants ont pourtant des chansons plein la tête,
Mais je ne les sais pas, mais je ne les sais pas.
Ma jeunesse fout l'camp sur un air de guitare,
Elle sort de moi-même, en silence, à pas lents,
Ma jeunesse fou l'camp ; elle a rompu l'amarre,
Elle a dans ses cheveux, les fleurs de tes vingt ans.
Nous n'irons plus au bois, voici venir l'automne,
J'attendrai le printemps en effeuillant l'ennui ;
Il ne reviendra plus et si mon c½ur frissonne,
C'est que descend la nuit
Nous n'irons plus au bois, nous n'irons plus ensemble,
Ma jeunesse fout l'camp au rythme de tes pas,
Si tu savais pourtant, comme elle te ressemble,
Mais tu ne le sais pas, mais tu ne le sais pas.